» Pourquoi MAG intervient-il au Angola ?
MAG est présent dans le pays depuis 1994,
date à laquelle l'organisation a commencé son travail dans la province de
Moxico située en Angola orientale.
Cependant, quatre ans plus tard, les combats
qui se déroulaient dans la province suite à la violation de plusieurs accords
de paix, ont causé la suspension des opérations de MAG. Étant donné qu'il
devenait de plus en plus évident que les réfugiés ne seraient pas rapatriés
dans l'immédiat, les programmes de sensibilisation aux dangers des mines dans
les pays voisins comme la Zambie et le Congo ont également été suspendus
temporairement.
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Suite à 27 années de guerre civile, l’Angola est l’un des pays au monde les plus infesté de mines. [Photo : Michael Fryer] |
À la demande de l'INAROEE, l'institut national de déminage remplacé par la CNIDAH (Comissâo Nacional Intersectorial de Desminagem e Assistência Humanitária), MAG a lancé de nouvelles opérations de déminage humanitaire dans la province de Cunene au sud de l'Angola et dont la base des opérations est située à Ondjiva, capitale administrative de la province. En avril 1999, les deux premières équipes de déminage ont été déployées dans la province. En 2005, MAG a quitté la province de Cunene après avoir déminé les sites les plus touchés.
Suite aux changements dans le domaine militaire et de la sécurité, MAG est retourné en septembre 2000 à Luena, dans la province de Moxico, et a lancé un petit programme composé de deux équipes d'urgence et de trois équipes de liaison communautaire/sensibilisation aux mines. Avant 1998, MAG a travaillé dans les zones du gouvernement et de l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola), mais dès le retour de MAG entre septembre 2000 et août 2002, les opérations ont été limitées à 30 km autour de la capitale de la province, Luena.
Grâce à la signature d’un accord de paix en avril 2002 après la mort de Jonas Savimbi à Moxico, on a commencé à supprimer les restrictions de déplacement du fait de l’amélioration de la situation, et à ouvrir les routes. Ceci a permis l’accès à des zones auparavant inaccessibles et les fondations ont ainsi pu préparer le futur rapatriement des réfugiés angolais.
Le processus de rapatriement de l’UNHCR a débuté en juillet 2003, supervisant le retour de 1 200 réfugiés par semaine provenant de camps de réfugiés en Zambie, en République démocratique du Congo et en Namibie. Ils ont pu retourner dans une zone totalement déminée, alors qu’il s’agissait auparavant de l’une des régions les plus minées au monde. Une assistance adaptée était nécessaire pour confirmer que les risques étaient minimes et les réfugiés ont été informés des dangers des mines et des restes de guerre grâce à l’aide des agences humanitaires. Lorsque le processus de rapatriement de l’UNHCR fut terminé début 2007, 409 450 personnes avaient pu retourner chez elles, dont 50 % s’étaient installés à Moxico.
Au milieu de l’année 2003, de nouvelles bases d’opérations ont été ouvertes par MAG à Luau (à la frontière avec la République démocratique du Congo), à Kazombo et à Lumbala Nguimbo (près de la frontière avec la Zambie) afin d’aider au processus de rapatriement de l’UNHCR, notamment par le biais d’une sensibilisation aux dangers des mines destinée aux réfugiés, de l’élimination des mines et des restes de guerre et par des activités de marquage. En 2005, MAG a créé une base des opérations à Saurimo, dans la province de Lunda Sul. Son objectif premier était de mettre en place une liaison communautaire, des activités de déminage et de neutralisation et de destruction d’urgence d’explosifs dans les provinces de Lunda Sul et de Lunda Norte.
Grâce au déminage et à la vérification des voies de communication entrepris par MAG depuis début 2005, il est dorénavant possible, et pour la première fois depuis des décennies, de voyager en toute sécurité sur 250 km de la route principale allant jusqu’à l’intérieur de la province de Moxico.
En janvier 2006, MAG a signé un contrat avec le Survey Action Centre (SAC) pour effectuer une étude de l’impact des mines à Moxico et à Lunda Sul. En mars 2006, MAG a recueilli différentes données qui lui ont permis de conclure que 237 088 personnes étaient touchées quotidiennement par les mines.
Début 2007, suite à l’arrêt du financement de la Communauté européenne, MAG a quitté les provinces de Lunda et de Luau et a installé toutes ses ressources et ses équipes à Luena. Grâce à la consolidation des ressources, MAG a poursuivi son travail exclusivement dans la province de Moxico, et en août 2007, nous avons pu ouvrir 250 km de routes principales situées au centre de la province.
Bradley Guerrant, directeur local du PAM (Programme alimentaire mondial) en Angola, a déclaré que : « Cette route est vitale pour l’ensemble de la région et des milliers de personnes vont pouvoir de nouveau se déplacer librement... Dans cette partie de l’Angola orientale, les familles et les communautés ont été isolées pendant des années mais maintenant, elles ont la possibilité de commencer à reconstruire leurs vies, de stimuler le développement socio-économique de toute la région ».
Début 2008, MAG poursuit son travail dans la province de Moxico, la zone de la plus touchée d’Angola, en sensibilisant les populations aux dangers des mines et en identifiant, retirant et détruisant les mines et autres restes de guerre.
MAG compte désormais :
• près de 215 employés angolais parmi lesquels 8 % sont basés au siège social local à Luanda
• six employés internationaux
• quatre équipes de déminage
• une équipe d’intervention rapide
• deux équipes de liaison communautaire
• cinq unités d’assistance mécanique
• une équipe d’évaluation d’impact
janvier 2008

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