Une guerre civile de douze ans a laissée le Burundi dans un état de sous-développement et d’insécurité.
Une des conséquences de la guerre a été la prolifération généralisée des armes légères et de petit calibre (ALPC).
On estime qu’au Burundi presque 100,000 ménages possèdent des ALPC, et certains ménages pourraient posséder plus d’une arme1. Cela représente une inquiétude majeure, non seulement à cause de l’augmentation de la violence armée, mais aussi parce que l’accès aux armes dans une période d’insécurité politique augmente le risque d’un retour au conflit.
Les tensions sont déjà visibles à l’approche des élections de 2010, avec des attaques d’incendie criminel contre des bureaux de partis politiques et l’entrainement des jeunes en milice. La Commission Burundaise de Désarmement Civil et de Lutte contre la Prolifération des Armes Légères et de Petit Calibre (CDCPA) a rapporté en Mars 2009 que la population burundaise a peur qu’il y aura un retour à la violence pendant la période qui précède les élections2, une inquiétude partagée par la communauté internationale et les autorités nationales.
Les armes et munitions déjà en circulation parmi la population civile ne représentent pas la seule source d’armement pour les gens mal intentionnés : les ALPC mal sécurisées des forces de sécurité, et surtout celles de la Police Nationale Burundaise (PNB), représentent une menace importante. Le Secrétaire Générale des Nations Unies a récemment déclaré que «Les fuites des stocks gouvernementaux sont une source importante d’armes légères illégales en circulation3» . Les stocks d’ALPC de la PNB et de la Force de Défense Nationale (FDN) pourraient attirer des voleurs, mais en plus, les forces de sécurité nationales sont elles-mêmes impliquées dans le trafic d’armes4.
MAG travaille au Burundi afin de réduire la menace posée par les APLC appartenant à l’état et de soutenir la campagne de désarmement civil, dans le cadre légal du Protocole de Nairobi, ratifié par le Burundi en Mars 2006.
Notes :
1 “Small Arms in Burundi, Disarming the Civilian Population in Peacetime, a Study by the Small Arms Survey and the Ligue Iteka”, avec le soutien de UNDP-Burundi et Oxfam-NOVIB, Stéphanie Pézard et Nicolas Florquin, août 2007. Cette estimation tiens compte de toutes les armes légères et de petit calibre, et aussi les grenades.
2 Atelier d’évaluation de la mise en œuvre par le Burundi de la déclaration et du protocole de Nairobi – présentation liminaire. Gerard Mfuranzima. CDCPA, 4 Mars 2009.
3 Small Arms. Report of the Secretary General. United Nations Security Council. 17 Avril 2008. P. 6
4 Un ménage sur 80 serait armé au Burundi, selon une ONG, Centre d’Alerte et de Prevention des Conflits (CENAP), 8 Octobre 2008 http://www.arib.info/index.php?option=com_content&task=view&id=333&Itemid=76
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