Suite à une guerre civile de 27 ans, l’Angola
est l’un des pays les plus infestés de mines au monde. L’étude d’impact des
mines (LIS) a permis de prouver que 1 968 communautés sur les 18 provinces
que compte le pays étaient touchées par les mines.
Alors que les chiffres diffèrent, on estime qu’en Angola on trouve approximativement deux mines par individu et 2,4 millions de personnes sont concernées quotidiennement par ce fléau.
En raison de cette contamination, la grande majorité de la population est terriblement pauvre. En effet, l’indice de développement humain le place à la 161ème place sur 177 ; l’espérance de vie à la naissance est seulement de 41 ans et le taux de mortalité des moins de cinq ans s’élève à 260 (sur mille naissances vivantes) ; 38 % de la population est en état de malnutrition.
La zone d’opérations de MAG, la province de Moxico dans l’Est de l’Angola, a été ravagée par les combats. La région était le lieu de naissance et le bastion du leader rebelle Jonas Savimbi et de son Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA). Alors que la guerre prit fin avec la signature d’un cessez-le-feu en avril 2002, les séquelles du conflit perdurent encore pour de nombreux civils résidant à Moxico.
L’objectif essentiel de MAG Angola est d’aider à la réintégration des communautés qui en ont le plus besoin et de réduire la pauvreté des habitants à long terme et des réfugiés de retour chez eux. Au cours des quatre années à venir, ces activités vont créer un environnement où les dangers des mines et des restes explosifs de guerre auront été réduits, permettant ainsi le développement à long terme des moyens de subsistance.
Pourquoi la province de Moxico ?
Niveaux de contamination à Moxico : Moxico reste la province de l’Angola la plus infestée mais c’est également la province qui compte actuellement le plus grand nombre de victimes. Plus de 170 000 personnes sont menacées quotidiennement par les mines et l’accès par exemple, à l’éducation et aux centres médico-sociaux reste très limité du fait de la présence de mines. Le manque réel de services socio-économiques généraux et d’un développement durable dans cette province éloignée, augmente davantage la souffrance de la population, ce qui entraîne une détérioration continue des moyens de subsistance. En éliminant les différentes menaces qui pèsent sur la population et en créant un environnement favorable au développement, MAG joue un rôle majeur dans la réduction de la souffrance des populations et dans le règlement des conflits.
Assistance durable pour les réfugiés : Le processus de rapatriement par l’UNHCR depuis la fin du conflit a entraîné le retour de près de 410 000 anciens réfugiés angolais. Bon nombre d’entre eux (206 696 soit plus de 50 % du nombre total de rapatriés) se sont installés dans la province de Moxico, ce qui réduit encore davantage l’espace disponible déjà limité. Comme Antonio Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, l’a déclaré en mars 2007, il existe encore à Moxico « de nombreuses mines, mais la province se redresse doucement ; les services sociaux de base sont limités, et la capacité des réfugiés à participer aux activités économiques nationales est également très limitée... l’ampleur du problème et les difficultés rencontrées sont grandes, et par conséquent, d’importants investissements seront nécessaires pour aider ces réfugiés ». MAG Angola est déterminé à rendre Moxico plus sûr pour que ces réfugiés puissent s’installer (ou se réinstaller) dans leurs anciennes communautés.
Élections imminentes : En raison des prochaines élections qui se dérouleront dans deux ans, le processus de démocratisation à Moxico va rencontrer de nombreux obstacles aux cours des années à venir. Du fait de la présence de mines, l’accès limité aux routes, aux environs du gouvernement et aux bureaux de vote, constitue une menace réelle à des élections libres, justes et transparentes. Selon le nouvel ambassadeur américain en Angola, Dan Mozena, les mines restent un « sérieux obstacle aux élections en Angola ». En rendant plus sûr l’accès à de nombreux sites éloignés dans l’Est de l’Angola au cours des prochaines années, MAG va participer à l’amélioration de la gouvernance du pays, bien avant le jour des élections.
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