1. Qu'est-ce qu'une mine ?
Il existe des mines antipersonnel et des
mines antivéhicule. Généralement, il s'agit d'engins explosifs dont la
structure extérieure est soit en plastique, soit en bois, en métal, en
bakélite, en caoutchouc et même en verre, et à l'intérieur se trouvent une
amorce, un détonateur et des explosifs. Certains contiennent des centaines de
fragments de métal destinés à exploser à plusieurs mètres, d'autres ne
contiennent pas du tout de métal, ce qui les rend encore plus difficiles à
détecter. Les mines sont souvent rondes et leur diamètre varie entre la taille
d'un petit presse-papier à celle d'une grande boîte à bonbons ou, pour les
mines antivéhicule, leur diamètre atteint la taille de grandes assiettes. Les
mines antipersonnel peuvent également être carrées ou avoir la forme d'un
papillon, d'autres sont cylindriques avec des pointes saillantes. Des mines
réalisées de manière artisanale sont appelées engins explosifs improvisés (IED).
Les mines peuvent causer différents types de blessure en raison de leur
diversité : - Les mines à effet de souffle sont activées sous l'effet
d'une pression et blessent en raison de l'effet de souffle de leur explosion. -
Les mines à fragmentation (plusieurs types) contiennent des éclats de métal
propulsés vers leur victime. - Les mines bondissantes à fragmentation sont
projetées en l'air lorsqu'elles sont activées pour arriver à hauteur de la
taille dispersant des centaines d'éclats mortels, dans certains cas dans un
rayon de 100 m.
2. Quels sont les autres types de
mines ?
Les mines antivéhicule et les mines antichar
sont plus grandes et sont activées par une pression bien plus importante. Elles
peuvent détruire les véhicules et causer des dommages dévastateurs aux
chauffeurs et aux passagers. Ces mines ne font pas l'objet du Traité d'Ottawa
(consultez Qu'est-ce que le Traité d'Ottawa). Le véhicule d'un particulier peut
aussi bien activer une mine antivéhicule. Les mines de type Claymore ne font pas
non plus l'objet du Traité d'Ottawa. Il s'agit de mines à fragmentation
« directionnelle » conçues
pour être « à détonation commandée » au lieu d'être amorcée par une
personne. Par conséquent, elles contournent le Traité. Cependant, les mines de
types Claymore sont souvent amorcées par un fil-piège et peuvent donc être
activées par quiconque.
3. Pourquoi poser des mines ?
Voilà une question qui est rarement posée
mais qui est parfaitement claire. Les acteurs des conflits armés veulent
souvent protéger leurs propres positions, leurs postes, leurs entrepôts de
munitions, leurs dépôts, les voies et les routes d'accès etc. et dans certains
cas, les mines sont utilisées pour protéger ces zones. De plus, alors que de
nombreux pays protègent leurs frontières par des contrôles de sécurité
réglementaires (comme lorsque nous traversons les frontières en voiture),
certains pays limitent l'entrée de leur territoire par la méthode la plus grave
qui soit : poser des mines. Dans certains cas, les mines peuvent également
avoir été posées sous la contrainte. Si un groupe de rebelles s'est emparé
d'une communauté, certaines personnes sont obligées de se protéger en posant
des mines. Une fois les rebelles partis, la population devra vivre en
permanence en présence de mines dangereuses.
4. Pourquoi les mines ne sont-elles pas
retirées ?
Lorsque des positions sont attaquées, le
choix de battre en retraite se fait rapidement et ceux qui quittent leurs zones
laissent derrière eux tout ce qu'ils ne peuvent pas prendre. Dans des conflits
armés, il peut s'agir de mines. Certains vont simplement quitter leurs
positions ou battre en retraite dans l'espoir que leurs ennemis marchent sur
les mines qu'ils ont laissées derrière eux. Les pays qui protègent leurs
frontières avec des mines, ne vous autoriseront pas à les enlever. De plus, les
pays signataires du Traité d'Ottawa possèdent sûrement encore des stocks de
mines attendant d'être détruits, et cela prend du temps et doit être effectué
avec précaution.
5. Pourquoi les bombes et autres armes
sont-elles abandonnées ?
Les restes de conflits armés qui sont
abandonnés ou jetés comme les mortiers, les grenades, les bombes à
sous-munitions etc. sont simplement défaillants. On estime entre 2 et 20 %
les munitions qui n'ont pas explosées à l'impact. Il existe de nombreuses
raisons qui expliquent pourquoi un engin n'a pas fonctionné comme prévu ;
lors de son largage, l'avion se trouvait peut-être trop bas, trop haut, le type
de terrain ne convenait peut-être pas etc. Mais, même s'il n'a pas explosé, il
reste tout de même dangereux, jusqu'à ce que quelqu'un le désamorce ou le
détruise. Des stocks d'armes sont souvent abandonnés ou entreposés. Ces
derniers exigent également d'être neutralisés et détruits.
6. Pour quelles raisons une mine explose-t-elle ?
La plupart des mines terrestres sont
explosives et sont donc dangereuses. Elles sont activées en exerçant une
pression, habituellement en marchant dessus (bien que des vaches et des moutons
aient été décapités par le simple fait de paître dessus). Les mines et les
bombes stockées sont habituellement entreposées dans de grands conteneurs ou
sont alors entassées, et le moindre faux mouvement peut provoquer une
gigantesque explosion.
7. Pourquoi une bombe non explosée
explose-t-elle ?
Le fait de les déplacer, de les déterrer ou
de labourer dessus, de les laisser tomber, de retirer le métal précieux
qu'elles contiennent ou simplement de les manipuler, peut faire exploser la
munition/bombe non explosée.
8. Qu'est-ce que les mines font de plus par
rapport aux autres armes ?
Les mines (ainsi que les autres munitions non
explosées) sont uniques et aucune d'elles ne nécessite l'intervention de
spécialistes pour les faire exploser. Elles peuvent être activées
accidentellement par n'importe qui, même par un enfant. Les mines sont conçues
pour blesser gravement, car il est reconnu qu'un soldat blessé déstabilise
énormément une section, et ainsi, les conséquences en termes de coûts médicaux
et de rééducation peuvent être très importants ; de nombreuses personnes
peuvent être affectées par un accident. Elles sont uniques car elles touchent
au hasard, ce qui peut affecter des communautés entières : la manière dont
elles vivent, dont elles travaillent, elles jouent. Les mines constituent
également un fardeau psychologique. Une fois qu'une mine est activée, la
victime ne peut malheureusement rien faire. Cette peur modifie le comportement
des gens et la manière dont ils vivent.
9. Comment pose-t-on des mines ?
Elles peuvent être enterrées et ne peuvent
donc pas être vues, ou elles peuvent être posées en surface manuellement
(suivant la vitesse à laquelle elles doivent être posées) ou en utilisant des
véhicules spéciaux. Certaines peuvent être larguées depuis un avion.
10. Pourquoi les personnes qui utilisent des
mines et des bombes ne les désamorcent-elles pas par la suite ?
Certaines le font mais nous ne savons tout
simplement pas si ce déminage concerne les vastes zones où vivent des
populations ou si le déminage ne concerne que des secteurs déserts. MAG existe en
raison de ses objectifs humanitaires. Par conséquent, nous délaissons dans
l'immédiat les zones désertes puisque nous nous concentrons sur les zones où
les populations vivent, travaillent, étudient et cultivent la terre. Nous
faisons notre travail par le biais d'études, de la liaison communautaire, en
faisant appel aux connaissances locales, aux autorités et aux agences locales.
Notre travail ne consiste pas seulement à déminer des terres. Même si d'autres
personnes procèdent à un déminage post-conflit, nous ne pouvons pas être sûrs
qu'ils aient la même approche que nous.
11. Est-il possible de décrire l'ampleur du
problème posé par les mines ?
Plus de 80 pays sont touchés par les restes
de conflits armés. Nous ne connaissons pas le nombre de mines qui infestent le
monde, mais elles doivent se compter par millions. En terme humain, on estime
entre 15 000 et 20 000 le nombre de blessés par an. Cela équivaut à
une personne toutes les 20 minutes. Dans certains pays, près d'un tiers des
blessés par mines et autres restes de conflits armés sont des enfants. Les
ravages ne sont pas seulement physiques. Vivre sur des terres minées peut
affecter la vie quotidienne de la population. Les populations vivent en
permanence avec la peur et même faire les choses les plus banales devient
risqué.
12. Est-il difficile de détecter et de
désamorcer des mines ?
Il existe différents types de mines qui
posent problème aux démineurs. Les mines antivéhicule sont généralement les
plus faciles à détecter. Cependant, certaines sont équipées de dispositifs
anti-manipulation (ou de pièges) qui sont conçus pour exploser dès qu'on les
touche. De nombreuses mines antipersonnel sont fabriquées en plastique et
contiennent peu de métal (généralement juste le percuteur et la chemise en métal
du détonateur). Nous utilisons des détecteurs de métaux sophistiqués pour
détecter ces mines (il n'existe pas à l'heure actuelle de détecteurs de mines).
Cependant, il s'agit d'un travail lent et minutieux car toutes les précautions
doivent être prises non seulement pour localiser les mines, mais aussi pour
s'assurer qu'il ne reste plus aucun engin sur les terres. Le travail le plus
difficile est effectué une fois que les mines ont été détectées et identifiées.
L'étape suivante consiste soit à les détruire sur place ou à les désamorcer
pour pouvoir les détruire plus tard.
13. Quels types de méthodes sont actuellement
utilisés pour détecter et désamorcer des mines ?
Il existe de nombreux outils qui nous
permettent de détecter et de détruire les mines. MAG utilise des méthodes
manuelles, mécaniques mais aussi des chiens détecteurs de mines. Ces méthodes
sont souvent désignées par la démarche « boîte à outils » pour le
déminage. Cependant, il n'y a pas de méthode miracle concernant le déminage. Il
s'agit le plus souvent d'un ensemble d'outils qui fonctionnent de concert. Dans
la majeure partie des cas, le déminage manuel est capable de relever les défis
posés par tous les restes de guerre (d'autres éléments d'engins explosifs sont
souvent présents dans les champs de mines.)
Le déminage mécanique et les chiens
renifleurs de mines ont leurs limites et doivent se concentrer sur les bonnes
zones pour maximiser leurs résultats. Les machines mécaniques télécommandées
peuvent être utilisées pour débroussailler et préparer le terrain pour le
déminage manuel ou pour les chiens. Les fléaux mécaniques (grosses machines
équipées de chaînes/rouleaux) sont utilisés pour faire exploser les mines.
Cependant, après le passage des fléaux, les zones doivent par la suite être contrôlées
dans leur intégralité soit par un déminage manuel, soit par l'utilisation des
chiens. Le principal atout des machines télécommandées est la sécurité car
elles permettent de réduire les risques encourus par les démineurs.
Toutefois, dans certains pays, le transport
des fléaux sur des ponts instables est impossible. Il faut donc trouver des
solutions appropriées. D'autres techniques sont utilisées pour améliorer le
processus de déminage ; dès qu'une mine est enlevée, nous mettons un
repère à sa place et parfois, les repères suivent un modèle. Ces modèles
indiquent à nos experts s'ils peuvent réduire la zone en utilisant les machines
ou les chiens, et ils désignent la zone nécessitant un déminage manuel par les
détecteurs de métaux : cela signifie que les zones qui nécessitent un
déminage millimètre par millimètre seront moins vastes. C'est ce que l'on
appelle la « réduction de zone ». D'autres mines sont posées de
manière aléatoire, et donc chaque millimètre carré de la zone suspecte doit être
déminé. L'avantage d'intégrer ces outils et de définir précisément leurs rôles,
est d'obtenir une meilleure productivité et une meilleure qualité de déminage.
C'est ce que MAG fait de mieux. Demandez à n'importe quel membre du personnel
de MAG de marcher sur les terres que nous avons déminées, et il le fera avec le
sourire. Ce ne serait pas le cas si quelqu'un d'autre s'en était chargé !
14. Pensez-vous que les efforts réalisés pour
le retrait des mines sont suffisamment soutenus par les gouvernements ?
Les gouvernements financent la majorité du
travail de MAG et en partenariat avec ces donateurs, notre travail a eu un
impact sur les vies et la sécurité des individus. Malheureusement, des mines
continuent à être posées et à être abandonnées. Comme toutes les personnes qui
luttent contre les mines, nous préfèrerions ne plus devoir nous occuper de ce
type de travail. Mais, tant qu'il y aura des conflits, il y aura des besoins
humanitaires et nous continuerons à nous rendre dans les pays qui ont besoin de
notre aide. Notre objectif est de vivre dans un monde où les gens peuvent
construire leur avenir sans le souci de mines et autres restes de guerre. Pour
ce faire, nous continuerons à travailler avec d'autres tiers, qu'ils s'agissent
de gouvernements, d'institutions ou de gens ordinaires qui partagent cette
vision.
15. Qu'est-ce que le Traité d'Ottawa ?
Le Traité d'Ottawa, conclu en 1997, est un
élément important dans l'élimination des mines. Lou McGrath, directeur général
de MAG, a reçu conjointement, avec la Campagne Internationale pour Interdire
les Mines, le prix Nobel de la paix en 1997 pour son travail de lutte contre
les mines. Ce traité est désormais ratifié, ou approuvé, par 151 pays et les
signataires s'engagent à ne pas utiliser, à ne pas produire, à ne pas entreposer
ou transférer de mines (cela ne concerne que les mines antipersonnel). Il a
permis de réduire l'emploi des mines lors de conflit, et leur utilisation est
devenue marginalisée. Mais, environ 15 pays continuent à produire des mines. Le
traité n'empêche pas non plus aux signataires d'utiliser des mines
antivéhicule. En fin de compte, il faut toujours continuer à lutter contre les
mines qui visent des personnes innocentes et qui ont déjà été posées.
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